­[là où les silences deviennent des mots.]

je viens d’un endroit où l’amour faisait mal.où les mots coupaient plus fort que des coups.où les silences étaient des punitions.où le regard d’une mère pouvait écraser plus qu’une main.

la violence psychologique, c’est sournois.ça te répète que tu n’es rien,que tu exagères,que tu inventes,que tu es trop sensible.ça t’apprend à douter de ta propre réalité. et quand la violence physique s’ajoute, le corps comprend ce que l’âme savait déjà.

tu n’es pas en sécurité,alors tu apprends à survivre, à analyser les humeurs,à te faire petite,à respirer moins fort et ne pas déranger, mais survivre, ce n’est pas vivre.

je porte un mal intérieur depuis l’enfance.un poids dans la poitrine,une colère qui brûle,une tristesse qui ne s’éteint jamais complètement.et au milieu de tout ça, il y a le manque de mon père.un manque immense,un vide qui ne se referme pas.des années à attendre quelque chose qui ne reviendra pas.un deuil impossible parce que je n’ai jamais eu le temps d’être une petite fille protégée.je suis rester entre l’absence et la douleur.et plus je prends conscience de tout ça, plus la vérité me heurte,la personne qui aurait dû me protéger ne l’a pas fait.

j’en veux à ma mère,profondément.j’en veux de m’avoir laisser dans la tempête.j’en veux de vivre aujourd’hui comme si de rien n’était.comme si je n’avais pas été brisée.comme si les blessures étaient imaginaires.pendant qu’elle avance légère, moi je reconstruis des ruines.ce qui fait le plus mal, ce n’est pas seulement ce qui a été fait.c’est l’absence totale de responsabilité,le déni,le masque.la normalité affichée pendant que moi je me débats avec des souvenirs qui me serrent la gorge.mais la vérité la plus importante,je ne suis plus l’enfant piégée.je suis une femme qui comprend,une femme qui met des mots,une femme qui refuse désormais de porter la honte de quelqu’un d’autre.

oui,j’ai été abandonnée émotionnellement.oui,j’ai été blessée.oui,il y a eu violence,mais ce n’Est pas mon identité.c’est mon histoire,mais mon histoire ne se termine pas là.la guérison,ce n’est pas effacer,ce n’est pas excuser,ce n’est pas faire semblant que ça n’a jamais existé.la guérison, c’est de regarder la vérité en face et décider que ça s’arrête avec moi.

je peux pleurer l’enfant que j’ai été,je peux reconnaître l’injustice,je peux ressentir la colère sans qu’elle me détruise,mais surtout je peux choisir autre chose. je peux choisir de ne pas reproduire, je peux choisir la douceur, là où j’ai connu la dureté.je peux choisir la vérité là où il y avait le mensonge.je peux choisir l’amour, même si je n’ai pas appris comment il se donnait.

je viens de l’abandon,mais je ne suis pas l’abandon.

je viens de la violence,mais je ne suis pas la violence.

je viens du manque,mais je suis capable d’aimer profondément.

et c’est sa le début de la guérison.